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17/05/2018 : DES SOLUTIONS CONSTRUCTIVES D’ AVENIR

 

BOIS ET MATERIAUX BIOSOURCES,DES SOLUTIONS CONSTRUCTIVES D’AVENIR POUR LE BÂTIMENT

La problématique émergente de l’énergie grise des bâtiments pousse au développement des constructions et des réhabilitations en matériaux biosourcés. Ce levier s’inscrit dans un contexte plus large visant à promouvoir des intérieurs sains et confortables, le développement économique des territoires et l’innovation. Face à ces enjeux multiples, le bois a de beaux atouts à faire valoir.

Par définition, les matériaux biosourcés sont les matériaux issus de la biomasse végétale (bois, paille, chanvre…) ou animale (laine de mouton, plumes de canard…). Ce sont des matières renouvelables qui pour la plupart représentent de véritables pièges à carbone et contribuent à maintenir l’équilibre de notre planète. D’autres, comme la ouate de cellulose ou le textile recyclé, proviennent de la filière du recyclage. Certains de ces matériaux sont disponibles en grande quantité sur notre territoire pour le secteur du bâtiment. On peut notamment citer la paille  et le chanvre. En utilisant seulement 5% de la paille qui retourne au sol, on pourrait isoler 500 000 logements par an (étude Terracréa). Et notons aussi que la France est le 1er producteur de chanvre en Europe avec 8 à 10 000 ha cultivés (étude Nomadéis).

 

Depuis le Grenelle de l’Environnement, les filières des matériaux biosourcés (dont le bois) font l’objet de mesures spécifiques de la part des Pouvoirs Publics : création d’un label « Bâtiment biosourcé » en 2012, incitation à l’utilisation des matériaux biosourcés lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments dans l’article 14 de la loi relative à la Transition énergétique pour la croissance verte en 2015. 

 

 

Emergence d’une nouvelle problématique : la réduction de l’énergie grise

 

A l’horizon 2018, cette même loi fixe l’objectif d’une réglementation environnementale ambitieuse pour les bâtiments neufs avec la prise en compte du poids carbone tout au long du cycle de vie, et à l’horizon 2020, la généralisation des bâtiments à énergie positive. En effet, au-delà des efforts visant à réduire les consommations énergétiques des bâtiments, émerge aujourd’hui une nouvelle problématique autour de « l’énergie grise ». Cette énergie, qui ne se voit pas, est dépensée pendant tout le cycle de vie d’un matériau, en incluant sa production, son transport, sa mise en œuvre, sa maintenance, la démolition, le traitement des déchets et son recyclage.

 

Dans ce contexte, la mise en œuvre de matériaux biosourcés, prend tout son sens. Ils apportent en effet des réponses adaptées aux multiples enjeux de la construction et de la rénovation de demain. 

 

 

Les atouts des matériaux biosourcés 

·        Une vraie réponse aux nouvelles exigences en matière de performances thermique,  énergétique et environnementale des bâtiments

 

« La réglementation thermique, actuellement fondée sur la RT 2012, est en pleine mutation. Elle évolue vers une réglementation environnementale qui évalue la performance des matériaux sur tout leur cycle de vie, depuis l’extraction jusqu’au recyclage. Les bâtiments de demain devront être E+C-, c’est-à-dire à énergie positive et bas carbone. Dans cette perspective, les matériaux biosourcés, renouvelables et bas carbone par nature, partent avec une longueur d’avance », estime Maxime Baudrand, prescripteur Bois chez Atlanbois. La future réglementation thermique devrait en effet s’inspirer de l’expérimentation E+C+ menée avec les acteurs du bâtiment. Celle-ci évalue les niveaux de performances d’un bâtiment neuf par : un niveau « Énergie » basé sur l’indicateur BilanBEPOS et un niveau « Carbone », basé, d’une part, sur un indicateur des émissions de Gaz à Effet de Serre sur l’ensemble du cycle de vie (Eges), d’autre part, sur un indicateur des émissions de Gaz à Effet de Serre de produits de construction et des équipements utilisés (EgesPCE).
Le bois répond à cette double exigence. D’une part, il est naturellement isolant quel que soit le mode constructif retenu et peu conducteur. 12 fois plus isolant que le béton à épaisseur égale, le bois possède de véritables atouts en terme de performances thermiques. D’autre part, c’est un matériau naturel par excellence. Le bois stocke le carbone et affiche ainsi de hautes performances environnementales.

 

·        Des matériaux favorisant des intérieurs sains et confortables

« Nous passons de plus en plus de temps dans des bâtiments de mieux en mieux isolés et donc de plus en plus étanches. Le confort et la santé sont donc au centre des préoccupations de l’habitat de demain… d’où l’importance pour notre confort et notre santé d’apporter une attention particulière à la qualité de l’air, notamment en gérant bien le taux d’humidité », indique Maxime Baudrand. Là encore, les matériaux biosourcés sont particulièrement bien placés pour gérer l’hygrométrie. D’autre part, le bois, par rapport à des matériaux comme la laine de verre qui perd de ses qualités sous l’effet de l’humidité, présente ainsi l’avantage d’être hygrosocopique. Cela signifie qu’il a la capacité à absorber l’humidité et à la restituer, si l’air est trop sec, contribuant ainsi au confort des usagers.

 

·        Des matériaux en circuit court favorisant le développement de l’économie et des emplois locaux

Une étude réalisée en 2016 par le gouvernement révélait que 3 000 à 4 000 emplois directs ou indirects avaient été créés sur les cinq années précédentes grâce aux matériaux biosourcés. Les matériaux biosourcés en général se prêtent en effet bien au travail en circuit court, avec une ressource disponible à proximité du cycle de construction. C’est pourquoi le Ministère de l’Ecologie a identifié la filière des matériaux biosourcés comme l’une des filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour l’avenir.

 

·        Des matériaux à fort potentiel d’innovation technologique

« Travailler pour le développement des matériaux biosourcés est une source forte d’innovation. Parmi les dernières pistes, nous pouvons citer, par exemple, le travail de recherche autour des myco matériaux qui permettent de produire de la colle, sans pétrole, à partir du mycelium provenant de divers substrats, comme l'humus, le bois, l'écorce des arbres, la paille… », énumère Maxime Baudrand.

Une complémentarité structurelle entre le bois et les autres matériaux biosourcés

Un temps cantonnés à l’auto-construction, les matériaux biosourcés font leur preuve dans les bâtiments de taille significative et complexes : logements collectifs, collèges, bureau 

Ces matériaux biosourcés sont utilisés, en fonction de leurs caractéristiques, comme isolants, mortiers, bétons, panneaux, mais aussi éléments de structure. Tout l’enjeu est de profiter des avantages offerts par chacun de ces matériaux. « Il existe une complémentarité structurelle entre le bois, utilisé davantage dans la structure des bâtiments et les autres matériaux, employés dans la partie enveloppe. L’intérêt est d’une part de jouer sur des associations intelligentes. Le bois est léger, rapide à mettre en œuvre, isolant, esthétique, etc. La paille ou le béton de chanvre, isolants à forte densité, peuvent venir renforcer l’acoustique et l'inertie des bâtiments bois ainsi les atouts du bois dans les constructions », souligne Maxime Baudrand.

 


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